La dysplasie de la hanche chez le Cocker Américain

La dysplasie de la hanche est un relâchement des ligaments joignant les deux parties de l'articulation de la hanche : la tête du fémur et l'acétabulum. Ce relâchement des ligaments se traduit par une mauvaise répartition des pressions au niveau de l'articulation ce qui entraîne des lésions (très douloureuses) du cartilage et parfois une luxation de l'articulation (déboîtement de la tête du fémur hors de l'acétabulum).
Cette affection a été décrite dès 1935. 


Origine
Ce relâchement ligamentaire est une anomalie dont la transmission génétique est pluri génique. Toutefois cette anomalie ne s'exprime que sous certaines conditions. En effet d'autres facteurs peuvent intervenir pour favoriser ou pour atténuer une dysplasie :
- alimentation : une croissance rapide favorise l'apparition de la dysplasie,
- poids : un excès de poids, en sollicitant davantage l'articulation favorise également l'apparition de la dysplasie,
- musculature : à l'inverse une forte musculature du bassin peut compenser la faiblesse des ligaments et ainsi masquer la dysplasie.


Prédispositions raciales
De tous ces facteurs, découle une sensibilité plus ou moins forte selon la race. Les grandes races ont une atteinte plus marquée à cette affection, alors que les races plus légères et musclées, sélectionnées pour le travail sont moins atteintes.

 Taux supérieur à 25 % : Saint Bernard, Bullmastiff, Staffordshire Terrier.

Taux compris entre 20 % et 25 % : Golden Retriever, Mastiff, Rotweiller, Setter Gordon et Anglais, Chow-Chow, Schnauzer Géant, Berger Allemand.

Taux compris entre 10 % et 20 % : Bouvier des Flandres, Briard, Spaniel Springer, Shar Pei, Boxer, Airedale, Labrador, Border Collie, Setter Irlandais, Alaskan Malamute, Samoyède, Cavalier King Charles, Schnauzer Moyen.

Taux inférieur à 10 % : Pointer, Cocker, Dalmatien, Lévrier Afghan, Berger Belge, Siberian Husky.


Symptômes
Le symptôme principal est une boiterie : qui apparaît au démarrage de l'exercice ("à froid") qui s'estompe au bout de quelques minutes d'échauffement qui réapparaît ensuite avec la fatigue. Avec le temps, à mesure que les lésions évoluent, la douleur réapparaît de plus en plus vite au cours de l'exercice, pour apparaître dès l'échauffement. A ce stade, l'animal boite en permanence.

Traitement
Cette affection très invalidante peut néanmoins être soignée. Plusieurs techniques sont utilisées selon la gravité des symptômes.
Dysplasie légère : utilisation d'anti-inflammatoires en association avec des facteurs de protection des cartilages. Une rééducation fonctionnelle sera si possible associée : perte de poids (utilisation de croquettes allégées), renforcement de la musculature du bassin (exercice régulier et modéré, l'idéal étant la natation en prenant soin de bien sécher le chien à sa sortie).
Dysplasie légère avec douleur intense : myectomie du pectiné. Le muscle pectiné dans son fonctionnement normal tend à écarter la tête du fémur de l'articulation ce qui aggrave la dysplasie et peut conduire à la luxation. On coupe donc ce muscle pour soulager l'articulation.
Dysplasie moyenne avec douleur intense : on peut dans ce cas supprimer la tête du fémur qui est le siège de la douleur. Les muscles de la hanche, avec l'enveloppe péri articulaire assurent le maintien du fémur en créant une pseudo articulation, ce qui permet au chien de mener une vie normale, bien qu'il soit dans ce cas inapte au travail.
Dysplasie sévère : prothèse de la hanche : on remplace les articulations défectueuses par des prothèses bio-compatibles. Cette technique donne les meilleurs résultats, mais elle est très coûteuse. L'animal peut ensuite travailler normalement, ce qui fait que cette technique peut être indiquée pour des dysplasies même légères chez des animaux sur lesquels ont été consentis de gros investissements en dressage.

Prévention
La prévention consiste à éviter que le caractère dysplasique, génétiquement transmis, ne puisse s'exprimer. Chez le chiot on veillera à limiter la croissance par une alimentation rationnée. On respectera, bien entendu, les apports en calcium (250 mg/kg/j) et en phosphore (200 mg/kg/j). Les aliments spécifiques pour chiots de grande race intègrent ces deux aspects. On veillera également au développement harmonieux de la musculature pelvienne par des exercices modérés et réguliers, incluant si possible de la natation.

Conclusion
La dysplasie de la hanche est une maladie très répandue chez de nombreuses races de chien. Elle est héréditaire, mais son mode de transmission très complexe ne permet pas de l'éradiquer facilement malgré les efforts des cynophiles. De plus, il est clair que des facteurs d'environnement et d'alimentation interviennent dans le développement de ce trouble, comme pour la plupart des troubles de la croissance chez les chiens, surtout de grandes races. Les symptômes qu'elle entraîne sont liés à l'apparition d'arthrose plus ou moins importante et précoce.
Il existe plusieurs possibilités thérapeutiques qui doivent être discutées avec votre vétérinaire.

 

 

Quelque bonne article

http://www.instituteofcaninebiology.org/blog/the-10-most-important-things-to-know-about-canine-hip-dysplasia