Dysplasie de la Hanche chez le Terre-Neuve
 

C'est une anomalie de développement de la hanche qui mène éventuellement à la dégénérescence (ostéoarthrose) de celle-ci. L'animal qui en souffre naît avec une hanche saine mais, avec la croissance, survient des changements "pathologiques" qui favoriseront la détérioration de l'articulation. La tête du fémur s'adapte mal dans la cavité articulaire de la hanche (acétabulum). Cette mauvaise coaptation s'accompagne souvent d'une laxité excessive du ligament qui lie la tête du fémur à l'acétabulum (ligament rond). La conséquence est une usure prématurée des surfaces articulaires, une arthrose précoce, voire une hanche déboîtée (luxation).

Sa cause?

La dysplasie de la hanche est une maladie à transmission complexe (plusieurs gènes peuvent favoriser son apparition) et plusieurs questions demeurent encore sans réponse. Elle n'est pas essentiellement d'origine héréditaire, selon une étude, à peine 30% du génome serait en cause. En effet, d'autres facteurs (environnementaux) influencent l'apparition et/ou la sévérité de la maladie, soit environ 70% des causes (se référer à la liste en fin de page). L'alimentation, le surpoids, la supplémentation (mal faite), l'excès d'exercice et une trop forte sollicitation des articulations ont un rôle à jouer dans le développement et les manifestations cliniques de la dysplasie de la hanche, mais si, et seulement si l'animal est porteur des gênes de la maladie, d'où l'importance de ne garder que des reproducteurs indemnes. Néanmoins, les chiens porteurs des gènes responsables, malgré leur prédisposition génétique, peuvent avoir un stade de dysplasie acceptable ou nul, si lors de sa croissance tout est mis en place pour optimiser les facteurs environnementaux.

Quelles races en sont affectées?

Tout chien, quelque soit la race, peut être affecté par la dysplasie de la hanche. Elle est beaucoup plus fréquente chez les chiens de race géante, grande et moyenne, de part leur vitesse de croissance. 

Comment peut-on confirmer qu'un chien est atteint de la dysplasie de la hanche?

Le vétérinaire, lors de l'examen du patient, met en évidence une douleur (ou inconfort) à la manipulation (en douceur) d'une ou des deux hanches. En France, seule la radiologie pourra confirmer le diagnostic de dysplasie de la hanche. Il note alors une déformation plus ou moins importante de l'articulation. Il existe aussi le Pen-Hip pour déceler cette déformation.

Peut-on traiter cette maladie?

Heureusement, il existe aujourd'hui plusieurs méthodes de traitement pour la dysplasie de la hanche (aucun traitement ne peut éliminer la maladie). Le traitement idéal diffère d'un patient à l'autre puisque le choix de ce traitement tient compte de plusieurs facteurs. Le but ultime est de rendre à l'animal un confort de mouvement et de lui redonner une belle qualité de vie. Il existe ainsi des traitements que l'on dit conservateurs et qui font appel au contrôle de l'environnement (avec ou sans médication) et d'autres qui requièrent une ou plusieurs interventions chirurgicales. La "prévention" demeure le meilleur traitement ainsi que le choix des reproducteurs. 

Comment peut-on prévenir la dysplasie de la hanche?

Par un contrôle rigoureux des animaux reproducteurs. Ayant une part de génétique dans la prédisposition de cette anomalie, il est important de bien choisir qui peut ou ne peut pas se reproduire. Pour ce faire, il est primordial de connaître le statut des hanches des animaux que l'on souhaite reproduire ainsi que celui de leurs ancêtres prédécesseurs.

Pour cela , il faut faire radiographier tous les reproducteurs et ensuite envoyer cette radio au vétérinaire du club français du chien de terre neuve qui donnera un stade de dysplasie qui peut aller de A jusque E (A sujet non atteint ; E sujet très atteint) .

C’est la grille de notation de la FCI (Fédération Cynologique Internationale) qui est utilisée en France.

Les signes radiologiques associés aux différents stades sont les suivants :

 Stade A : aucun signe de dysplasie. - parfaite congruence et parfaite coaptation de la tête fémorale et de l’acétabulum. - interligne articulaire étroit et régulier. - rebord acétabulaire crânio-latéral bien délimité et légèrement « englobant ». - angle de Norberg-Olsson supérieur ou égal à 105° (environ).

 Stade B : état sensiblement normal. - très léger défaut de congruence ou de coaptation entre la tête fémorale et l’acétabulum, avec un angle de Norberg-Olsson supérieur ou égal à 105° (environ). ou - parfaite congruence et coaptation de la tête fémorale et de l’acétabulum , avec un angle de Norberg-Olsson compris entre 100° et 105° (environ) et le centre de la tête fémorale situé médialement au rebord acétabulaire dorsal (ou sur ce dernier). 40  Stade

C : dysplasie légère. - congruence ou coaptation imparfaite entre la tête fémorale et l’acétabulum. - angle de Norberg-Olsson compris entre 100° et 105° (environ). - éventuellement rebord acétabulaire crânio-latéral légèrement évasé. - et/ou très discrets signes d’arthrose sur la tête et le col fémoral.

 Stade D : dysplasie moyenne. - mauvaise congruence ou coaptation entre la tête fémorale et l’acétabulum avec subluxation. - angle de Norberg-Olsson compris entre 90° et 100° (environ). - rebord acétabulaire crânio-latéral légèrement évasé et/ou signes d’arthrose.

 Stade E : dysplasie sévère. - subluxation ou luxation manifeste. - angle de Norberg-Olsson inférieur à 90°. - éventuellement déformation de la tête fémorale et de l’acétabulum (« chapeau de gendarme », évasement) et autres signes d’arthrose.

Chaque hanche est notée séparément, la qualification finale retenue étant celle de la hanche la plus mal notée.

Les chiens classés A ou B sont considérés comme indemnes de dysplasie.

Le Club de race (C.F.C.T.N.L.) préconise de ne pas faire reproduire un chien au-delà du stade C de dysplasie afin de réduire les risques, cette recommandations a été mise en place il y a seulement quelques années, avant tous stades étaient utilisés. L'éleveur reçoit ensuite un certificat officiel que tout acheteur potentiel doit pouvoir consulter. Il est donc important de bien choisir l'éleveur de son futur chiot sur son sérieux et la sélection qu'il pratique dans son élevage.

 

Liste non exhaustives des facteurs environnementaux à contrôler :

- l'alimentation de qualité super premium 
- peu d'exercices pendant toute le phase de croissance (pas de promenades trop longues, ou d'exercices à l'eau trop intense)
- contrôle du poids
- pas de monter d'escalier ou de marches
- pas de sauts (même pour la voiture)
- gamelles à hauteur du chien